Damn, j'ai perdu ma motivation
- mariepiergagne60
- il y a 17 heures
- 3 min de lecture

Ces temps-ci, je me sens un peu à côté de moi-même. Ce n’est pas dramatique, rien d’alarmant, mais assez pour que je sente que quelque chose a glissé à l’intérieur. Ce qui me déstabilise, c’est cette forme d’apathie qui s'est installée doucement, cette absence d’élan vers des choses qui, pourtant, me font profondément du bien.
Ça a commencé de façon subtile: me lever un peu plus tard, remettre ma course à demain, ne plus ouvrir mon livre le soir, écrire moins. Puis, sans trop m’en rendre compte, je me suis retrouvée à enchaîner les séries policières nordiques, à me coucher trop tard, et à regarder mes habitudes tomber une à une, non pas par choix conscient, mais par manque total d’envie. Ce n’est pas un rejet actif, c’est un vide. Une absence de mouvement intérieur.
Et là, il y a ce moment où le bouton panique s’active : est-ce que je suis en train de rechuter? Rationnellement, je sais que non. Je fonctionne, je suis présente, je remplis mes rôles. Mais depuis ma dernière dépression, il y a une vigilance en moi qui s’allume très vite. Comme si cette perte d’élan n’était pas anodine. Comme si elle était le premier domino d’une chute annoncée.
Ma psychologue me dit que je n'ai pas de plan B. Que lorsque je perds l’accès à cette version de moi qui est disciplinée, alignée, engagée dans ses habitudes, je ne sais plus comment être autrement. Et c’est exactement ce que je ressens dans ces moments d’apathie. Ce n’est pas que je fais moins de choses, c’est que je perds le lien avec ce qui me met en mouvement. Comme si le fil était coupé.
Je réalise que j’associe énormément mon bien-être à un ensemble d’actions très concrètes : ma routine matinale, la course, la lecture, l’écriture, les balados, le yoga, le sommeil. Ce sont mes repères. Mais quand l’envie disparaît, ces repères deviennent presque inaccessibles. J'ai longtemps associé ces moments à un manque de discipline ou de volonté. Mais je sais que c’est plus profond que ça. C’est comme si le moteur lui-même tournait au ralenti.
Le changement d’heure du printemps a probablement joué un rôle. Je le sens dans mon énergie, dans mon rythme interne. Mais il n’y a jamais qu’une seule cause. Il y a probablement aussi le stress, les accumulations, la charge mentale, et cette pression diffuse de « rester bien ». Tout ça crée un terrain où l’élan peut s’éteindre plus facilement. Mais bien franchement, je n'ai pas encore mis le doigt sur les causes exactes de ce glissement.
Ce que je trouve le plus difficile dans tout ça, c’est de tolérer cet état. Parce que l’apathie, ce n’est pas juste ne rien faire. C’est ne pas avoir envie de faire. Et ça vient ébranler quelque chose de plus identitaire chez moi. J’ai toujours été quelqu’un d’engagée, de curieuse, d’animée par des projets, par des idées. Quand cet accès-là se ferme, même temporairement, ça me fait peur. Ça me donne l’impression de me perdre un peu.
Alors en attendant de me retrouver pleinement pleinement, j’essaie de combattre l'inertie. Pas dans une logique de performance, mais dans une logique de soutien. Je m’appuie sur des choses simples et concrètes : aller dehors même si l’envie n’y est pas vraiment, changer d’environnement en allant travailler dans un café où l’énergie circule, me placer en coworking avec des amies pour recréer un minimum d’élan collectif. Je prends aussi soin de mon niveau d’énergie e m'autorisant des siestes, je fais des ajustements saisonniers comme changer ma garde-robe, des gestes anodins en apparence, mais qui me gardent dans l'action.
Ce ne sont pas des solutions à l’apathie, mais ce sont des façons de ne pas m’y enliser complètement. Des manières de rester en lien avec la possibilité du mouvement, même quand je ne le ressens pas pleinement de l’intérieur.
Et finalement, aujourd'hui, en marchant au soleil pour aller travailler, j’ai senti l'envie de travailler sur un projet émerger, juste assez pour me rappeler que cet élan n’est pas disparu. Il est simplement moins accessible. Et ça, c’est rassurant.
Je commence à comprendre que mon plan B ne devrait peut-être pas être une version alternative aussi performante de moi-même, mais plutôt une façon d’habiter ces moments-là autrement. Avec moins de peur, moins de pression à « retrouver » rapidement mon élan, et plus de tolérance pour ces phases où il se fait discret. C’est inconfortable pour moi, encore. Mais j’ai l’impression que c’est exactement là que se situe mon prochain apprentissage.
Et toi, tu fais quoi quand tu as l’impression que la motivation n’est plus au rendez-vous? Je prends tous les trucs!



Je me permets de faire des petits pas plus lentement. J'utilise la musique, le chant et la danse pour augmenter les vibrations. Je pratique l'autocompassion. Et je me permets des petits plaisirs simple comme aller écrire et travailler dans des cafés inspirants en bonne compagnie.
J’essaye de me rappeler ce que j’aimais faire quand j’étais enfant et ce que j’aurais voulu faire et je m’enligne sur des projets dans ce sens.
En prenant beaucoup de recul, je relativise mon mal-être et ça me permet d’avancer positivement.