12 avril 2022 - Comment je vis la dépression avec deux pré-ados
- 15 mai 2025
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J’ai deux grandes filles de 9 et 10 ans, intelligentes, sensibles et remplies de bienveillance avec lesquelles je vis seule 50% du temps. Lors de ma première dépression, elles étaient très petites, mais surtout, je vivais avec leur papa. Il m’était donc beaucoup plus facile d’être absolument incapable de faire quoi que ce soit sans qu’elles en subissent les conséquences directes. Mais seule avec deux pré-ados, la situation est toute autre.
Au moment de mon hospitalisation, mon chum s’est renseigné auprès de professionnels afin de savoir comment expliquer la situation à des enfants en âge de comprendre. On lui a conseillé d’être transparent et de parler ouvertement avec elles. J’ai cependant choisi de ne pas parler de suicide. Bonne ou mauvaise décision, c’était vraiment trop difficile pour moi d’aborder ce sujet avec mes filles.
Lors de leur première visite à l’hôpital, je leur ai parlé du mieux que j’ai pu de la dépression, de comment ça affecte le cerveau, mais surtout, du fait que ça se guérit et que j’avais plein de gens compétents pour s’occuper de moi. Leur maturité, mais aussi leur inquiétude pour mon bien-être m’a donné beaucoup de force afin de croire en cette guérison.
À mon retour à la maison, la fatigue prenait énormément de place. Je m’assurais de toujours leur nommer lorsque ça devenait trop important et que je devais me reposer. Elles ont été d’une grande compréhension et m’ont beaucoup aidé. Quand elles s’informent de mes rendez-vous à l’hôpital, je leur en parle ouvertement. Même chose pour la médication ou pour mon arrêt de travail. Je pense vraiment que la transparence permet de dédramatiser et de vivre la situation ensemble, au jour le jour.
Au quotidien, l’aide de ma famille est essentielle. Ça aussi, mes filles l’ont bien compris. Mes parents ont pris entièrement le relai pour s’occuper des cours de musique et de natation. Jusqu’à il y a environ 1 mois et demi, j’avais la plupart du temps de l’aide à l’heure des repas lorsque mes filles étaient chez moi. Mes parents les ont souvent reçues chez eux ou invitées à faire des sorties afin de donner du silence à ma tête. Mon chum et mes parents se chargeaient tout le temps de mes courses.
La clé est donc pour moi de communiquer avec elles le mieux possible et de demander de l’aide aussitôt que j’en ai besoin. Aujourd’hui, même si je n’ai pas repris toutes mes responsabilités de maman, j’ai moins besoin de support au quotidien. Je dirais donc que nous avons passé le plus gros de la tempête sans grand dommage et que la présence de mes enfants m’a donné beaucoup de force pour aller vers le mieux.



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